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À Akassato, dans la commune d’Abomey-Calavi, le marché ouvert officiellement le 25 mars 2025, offre aux usagers un vaste espace loin des dangers de la route inter-Etats Akassato-Bohicon. Mais quatre mois plus tard, certains commerçantes ont du mal à quitter l’ancien site.
Jour de marché dans l’arrondissement d’Akassato. Il est 7 heures du matin et un vent glacial souffle en ce fin du mois de Juillet 2025. La voie en terre qui relie le marché ‘’Gninin’’ à la route inter-États Akassato-Bohicon s’anime peu à peu. On y voit des femmes transportées par des ‘’Zémidjans’’. D’autres, à pied, portent des colis enveloppés dans des pagnes. Des tricycles chargés de grappes de bananes ou de sacs de jute circulent également.
Au bout de ce chemin poussiéreux, un espace à ciel ouvert se dévoile avec ses hangars, boutiques et des zones couvertes de divers parasols. ‘’Gninin’’ accueille déjà ses occupants. Malgré ces installations, le nouveau site n’accueille pas encore toutes les marchandes. « Ici, il y a assez d’espace comparativement à l’autre site exigu. Mais (…) beaucoup de nos collègues continuent de vendre au bord de la route », confie une vendeuse de sel et poissons séchés installée sous un parasol.
Une réponse municipale aux risques et au désordre
« L’ancien site est dangereux. Il y a eu des accidents où des véhicules ont renversé des étals de marchandes. Il y a eu des blessés. Ici, on est en sécurité. Et pour le moment, on ne paie pas encore de redevances même si la mairie a annoncé une taxe mensuelle de 500 FCFA. Là-bas, c’était des tickets de 500 FCFA tous les cinq jours (fréquence d’animation, Ndlr) », explique un vendeur de patates.
Au bord du goudron, un axe très fréquenté, l’ancien site draine un flux constant de passants et de voyageurs. Ce qui continue d’attirer certaines commerçantes. « Les marchandises s’écoulent vite. Les gens s’arrêtent sans descendre de leur moto », explique Dossi, une fillette assise à quelques pas de la route avec son plateau de tomates.
« Ma clientèle me connaît ici. Si je vais là-bas, je serai difficile à trouver. Et puis, le marché est un peu éloigné de la chaussée. Les voyageurs ne s’y arrêtent pas », affirme une vendeuse de plantes médicinales installée dans une boutique.
Le marché ‘’Gninin’’ serait encore plus animé si l’ancien site n’est plus occupé. « Si toutes les vendeuses du bord de la route venaient ici, les clients aussi viendraient. Mais tant qu’il y a du monde sur la route, ils ne bougeront pas », estime une vendeuse.
Pour l’heure, seules les premières commerçantes installées à Gninin bénéficient de hangars. Les autres doivent se contenter de parasols, exposées au soleil. « On nous a promis la construction d’autres hangars. Pour l’instant, on souffre un peu, mais on espère », confie une vendeuse, résignée mais optimiste.
Marc MENSAH

















