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Dans la forêt sacrée de Kpassè, à Ouidah, les tambours ont résonné dans la matinée du jeudi 8 janvier 2025, premier jour des Vodun days.
Les adeptes du Vodun Atchina ouvrent la séquence des danses rituelles dans la forêt sacrée de Ouidah. Ainsi démarrent les Vodun Days 2026 ce jeudi 8 janvier.
Après Atchina, place au Vodun Gambada dont les adeptes dansent au rythme des tams-tams et gongs. Les pas sont puissants, portés par une énergie que les initiés associent au feu. « Le Gambada, c’est le Vodun qui produit, qui génère la transe parmi les adeptes de tous les autres Vodun », explique Dah Djokpé, secrétaire général national du Vodun Gambada au Bénin. Selon lui, le Vodun Gambada occupe une place particulière dans le panthéon vodun. « C’est un Vodun à prédominance feu, qui embrasse, qui fortifie, qui élève et qui permet à l’être humain de se réaliser et d’atteindre la perfection », affirme-t-il. « Le Vodun Gambada est celui qui produit le plus la transe. Et quand elle survient, la personne est conduite au couvent pour subir des rites initiatiques », précise Dah Djokpé. Après la cérémonie, l’initié devient pleinement adepte.
Les tambours sacrés, appelés Blékété, ainsi que le sifflet rituel, servent de signal. « Partout où il est, l’initié reconnaît l’appel du Vodun Gambada », explique Dah Djopké La possession qui peut suivre est, insiste-t-il, « positive ». Elle permet à l’adepte « d’exprimer la joie que ressent le Vodun à travers la danse ».
Le Vodun Gambada impose aussi une discipline morale et sociale. Des interdits alimentaires existent, tout comme des règles de conduite. « Il est interdit de nuire, de comploter contre autrui. Le Gambada enseigne l’amour et la cohésion dans la société », souligne Dah Djokpé.
Présent au Bénin, mais aussi au Togo, au Ghana et au Nigeria, le Vodun Gambada est reconnaissable à certains signes distinctifs, notamment un tatouage à l’œil gauche en forme de trident. « Ce symbole n’est pas une arme pour faire le mal, mais une protection contre le mal », précise-t-il.
Après la séquence Gambada, les tambours changent de rythme. Les adeptes du Vodun Kokou prennent, à leur tour, possession de l’espace sacré.
Les manifestations se poursuivent sur plusieurs sites jusqu’au samedi 10 janvier 2025. Les Vodun Days entendent rétablir la vérité sur le Vodun. « C’est une manifestation nationale qui permet de révéler le Vodun au monde entier », affirme Dah Djokpé ». « Le Vodun n’est pas synonyme du diable. Il est la divinité de l’homme, la divinité collective et sociale, et un pilier du développement en Afrique ».
Marc MENSAH

















