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Au Bénin, les premières audiences concernant plusieurs personnes poursuivies pour apologie de coup d’État sur les réseaux sociaux se sont ouvertes à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Mardi 3 février 2026, des prévenus, parmi lesquels un policier et un journaliste, ont comparu devant la chambre correctionnelle dans différents dossiers en lien avec des publications faisant l’apologie du coup d’État déjoué du dimanche 7 décembre 2025.
Cinq prévenus dont un journaliste et un policier risquent gros devant la CRIET. Dans la journée du mardi 3 février 2026, plusieurs personnes placées en détention préventive pour des faits liés à l’apologie de crimes contre la sûreté de l’État ont été jugés et des peines de prison ont été requises. Libre Express vous fait le point.
Un ex-agent d’une banque à la retraite risque gros
Dans le premier dossier, un ancien travailleur d’une banque à la retraite a été poursuivi pour incitation à la rébellion et apologie de crimes contre la sûreté de l’État. Le prévenu a été interpellé le 12 décembre 2025 à Porto-Novo à la suite d’un commentaire posté sous une publication Facebook le jour de la tentative de Coup d’État déjouée du 7 décembre 2025 contre le Président Patrice Talon.
Selon le ministère public, l’analyse de son téléphone portable a permis de découvrir des messages suspects échangés avec un ami avant les évènements du dimanche 7 décembre. « Seul un coup d’État ou tout au moins une action violente peut conduire à un changement de régime », a indiqué le représentant du procureur spécial près la CRIET au sujet de ces messages dans lesquels le prévenu aurait également estimé qu’il n’est pas pas possible de battre le régime de Patrice Talon par des élections crédibles.
À la barre, le prévenu a demandé la clémence de la Cour. Le ministère public a demandé à la Cour de retenir le prévenu dans les liens des infractions d’incitation à la rébellion et d’apologie de crimes contre la sûreté de l’État. Il a requis à son encontre cinq ans de prison ferme et une amende de dix (10) millions. Son avocat, Me Hugo Koukpolou a plaidé la clémence de la Cour. « L’égarement n’est jamais loin quand l’emballement gagne la nation », a déclaré l’avocat pour plaider la cause de son client. Le verdict du dossier est attendu pour le mardi 24 mars 2026, rapporte l’envoyé spécial de Libre Express.
Un internaute risque cinq ans de prison ferme
Dans le deuxième dossier, un jeune d’environ 30 ans est poursuivi pour une publication sur sa page Facebook présentée par le parquet spécial comme faisant apologie des événements malheureux du 7 décembre 2025. À la barre, le jeune semble ne pas se souvenir de cette publication. Le prévenu présente la publication comme un post piqué dans un groupe Facebook mais le ministère public lui rappelle qu’il a fait la publication incriminée sur sa page Facebook. « C’est moi-même qui ai écrit ça ? Je ne savais pas. Ça m’a choqué moi-même », a déclaré le prévenu qui ne reconnaît pas les faits.
Dans ses réquisitions, le ministère public représenté par la cinquième substitut du procureur spécial près la CRIET a demandé à la Cour de le retenir dans les liens de prévention des faits d’apologie de crimes contre la sûreté de l’État. Pour ces faits, le parquet spécial près la CRIET a requis 5 ans de prison ferme et 10 millions FCFA d’amendes contre le prévenu.
Son avocat a plaidé la maladresse et a déclaré à la Cour que son client n’avait aucune intention de mettre à mal le fonctionnement de l’État béninois. « Du fond de mon cœur, je voudrais demander votre clémence », a déclaré le prévenu lors de sa dernière prise de parole devant la Cour. Le verdict est attendu pour le 24 mars 2026, rapporte l’envoyé spécial de Libre Express.
Cinq ans de prison ferme requis contre un journaliste
Un journaliste est poursuivi dans le troisième dossier liés aux personnes poursuivies pour avoir fait sur les réseaux sociaux des publications qualifiées d’apologie du Coup d’État déjoué du 7 décembre 2025. Il est reproché à ce journaliste qui dispose d’une carte de presse d’avoir fait une publication Facebook sur la déclaration des mutins conduits par le colonel Pascal Tigri le 7 décembre 2025. Cette publication Facebook annonçait que des militaires avaient pris le pouvoir et qu’une nouvelle ère s’ouvrait pour le Bénin.
À la barre, le journaliste a expliqué qu’il n’avait pas fait l’apologie de Coup d’État et qu’il a suivi les déclarations des mutins sur la SRTB et qu’il a rapporté les faits dans le feu de l’action. Il a déclaré qu’il a également rapporté toutes les autres informations liées à la tentative de Coup d’État déjoué dont la déclaration du ministre de l’intérieur et celle du président Patrice Talon.
Dans ses réquisitions, le ministère public a demandé à la Cour de retenir le journaliste dans les liens des infractions d’apologie de crimes contre la sûreté de l’État. Il a requis cinq (5) ans de prison ferme et dix (10) millions FCFA d’amendes. Le verdict de son dossier est attendu vers fin mars 2026, rapporte l’envoyé spécial de Libre Express.
Un policier poursuivi
Un policier en fonction à la Direction de la police judiciaire (DPJ) est poursuivi dans le quatrième dossier. L’agent de police est en détention préventive depuis décembre 2025. Il lui est reproché un commentaire fait dans un groupe WhatsApp sur la tentative de putsch déjouée le 7 décembre 2025. « C’est le prototype des Béninois ça », aurait-il écrit en réponse à un message dans un groupe WhatsApp.
Convoqué à la barre, le policier explique que ce message était en réalité destiné à avertir ses frères qu’un coup d’État n’était pas bon. Il a essayé de replacer son message dans son contexte et a expliqué qu’il avertissait que ce sont eux-mêmes qui encouragent les militaires qui ont mené la tentative de Coup d’État qui vont encore regretter demain.
Le ministère public a souligné le manque de réserve de ce prévenu et a estimé que ces faits sont constitutifs des faits d’apologie de crimes contre la sûreté de l’État. Il a requis cinq (5) ans de prison ferme et dix (10) millions FCFA d’amendes contre le policier. Le délibéré est renvoyé au mardi 24 mars 2026, rapporte l’envoyé spécial de Libre Express.
Un élu local est au banc des prévenus
Dans le cinquième dossier, c’est un élu local du Bloc républicain qui a été poursuivi pour ses messages dans un groupe WhatsApp. Selon les messages rapportés devant la Cour, le prévenu a salué le Coup d’État déjoué 7 décembre 2025 et a demandé de prier pour les mutins.
Le parquet spécial a demandé à la Cour de le retenir dans les liens des infractions d’apologie de crimes contre la sûreté de l’État. Pour cela, le ministère public a requis cinq ans de prison ferme et une amende de 10 millions FCFA contre le mis en cause. La décision de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) est attendue pour fin mars 2026, rapporte l’envoyé spécial de Libre Express.
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