lundi, 17 juin 2024 -

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« Avoir refoulé l’He Malèhossou ne veut pas forcément dire qu’Olivier Boko ne sera pas candidat en 2026 »




Une interview-analyse du Journaliste, Vianney ASSANI, Editorialiste pour le Déchaîné du Jeudi et Consultant international en Communication, Formation des professionnels et Développement des médias.

24 HEURES AU BÉNIN : L’actualité politique nationale est animée ces derniers jours par la sortie médiatique de l’ancien député Yacoubou MALEHOSSOU qui a annoncé qu’ayant contacté Monsieur Olivier Boko, un homme très proche du Président Talon à propos des nombreuses initiatives de suscitation de sa candidature ; ce dernier lui aurait confié qu’il ne serait pas à la base de ces démarches et qu’il l’aurait même refoulé. Est-ce que vous croyez à cette information ?

VIANNEY ASSANI : Je pense que l’ancien député est une personnalité politique nationale d’un haut rang ; un personnage responsable, respectable et respecté et que s’il a fait cette déclaration c’est que les choses se sont passées comme ça. D’ailleurs à supposer même que monsieur Olivier Boko ait l’intention d’être candidat à la prochaine élection présidentielle, il lui serait difficile de mener une campagne de ce type pendant presque trois ans. Car, on le sait bien : qui veut aller loin ménage sa monture. Même si en la circonstance on peut considérer, à tort ou à raison, peu importe, que ce n’est pas lui qui est ouvertement derrière ces campagnes de suscitation. C’était dans tous les cas, une très bonne chose pour une possible candidature future de ce puissant homme de l’ombre du président et c’est aussi bien de faire arrêter pour l’instant, ces démarches.

Le 04 juillet dernier le Ministre d’Etat, Romuald WADAGNI a publié sur sa page Facebook un message dans lequel il disait clairement ceci : « Depuis quelques mois, des groupes et pages sont créés sur les réseaux utilisant mon patronyme et mes photos en lien avec les élections présidentielles de 2026. Ces derniers jours, de fausses informations se sont rajoutées. Je souhaite donc redire que je suis entièrement et exclusivement dévoué à la mission que Son Excellence, le Président de la République, Patrice Talon m’a confiée. Il me semble indécent et prématuré de m’engager dans le débat sur les élections présidentielles de 2026 à ce jour. »
Pensez-vous que c’est cela qui a pu justifier la mise au point de Monsieur Olivier Boko par l’entremise du député Malèhossou ?

Certains ont estimé que c’est peut-être le chef de l’Etat qui a tapé du poing sur la table et exigé que la récréation cesse dans tous les camps. Moi je pense surtout qu’il était impossible de maintenir le rythme de ces suscitations qui sont une espèce de campagne avant l’heure pendant plus de 30 mois encore avant l’échéance fatidique.
Dans tous les cas, le message du ministre d’Etat, WADAGNI était pertinent, dans la mesure où c’est vrai que si l’opinion est happée par ces démarches de précampagne ça peut affaiblir l’image du président de la République et donner l’impression que ses collaborateurs les plus proches, sont pressés de le voir sortir.
Une chose est sure, c’est qu’on voit clairement se dessiner une espèce de duo, de trio ou tout au plus de quarté de successeurs potentiels parmi lesquels on aura, sauf surprise, le probable futur successeur de Patrice Talon. Et pour quelqu’un comme Olivier Boko qui est aussi un légitime, mais qui n’avait absolument aucune présence dans la communication publique, c’était le moment où jamais de donner quelques signes de visibilité et d’ambition légitime. En tout cas, s’il n’était pas à la manœuvre personnellement, c’était le bon moment pour ses soutiens de le positionner. Mais comme dans les grandes courses d’étapes dans le cyclisme, la route est très longue et il faut savoir organiser son énergie. Cette halte était nécessaire. Si ce n’est pas le président Talon qui a tapé du poing sur la table pour demander une pause dans les suscitations, on peut dire que le ministre d’Etat, Wadagni a su ainsi marquer un point sur un éventuel futur concurrent qui visiblement prenait une sérieuse avance. Dans tous les cas, c’est tant mieux pour tout le monde et on voit de loin que 2026 n’est gagné pour personne, sauf pour la continuité de “la Rupture“. En tout cas, ce sera passionnant à suivre.
Vous voulez dire que pour le régime de “la Rupture“ ce sera du « Après nous c’est nous » ?
Je pense que cette fameuse formule de l’ancien ministre d’Etat, le professeur François Abiola pour qui j’ai une énorme affection et qui, j’en suis honoré, me le rend bien, était un peu prétentieuse et une erreur de communication. Il ne l’a reprendrait pas aujourd’hui. Mais bien entendu on est dans un contexte où pour sauvegarder les acquis inédits et majeurs du bilan de ce qui se fait depuis un peu plus de 07 ans maintenant, il faut absolument qu’il y ait une réelle continuité. Il serait très risqué pour le Bénin qu’il en soit autrement. Même si il y a d’autres pans sur lesquels il faut chercher des apaisements.
La continuité ce serait Olivier Boko ? Ou alors avec le fait d’avoir refoulé l’ancien député Malèhossou c’est la fin de la piste O.B. ?
Pour tout vous dire, seul Dieu sait qui va incarner cette continuité prochainement. Mais il est judicieux de faire une pause et de se concentrer à nouveau sur l’agenda des actions du gouvernement sous l’autorité du président de la République. Beaucoup a été fait et beaucoup reste à faire. Mais, je ne pense pas qu’en ce qui concerne précisément Olivier Boko, le fait d’avoir refoulé le député Malèhossou aujourd’hui ne signifie pas absolument qu’il ne sera pas candidat en 2026. Il faut ajouter qu’à l’occasion de ces démarches dites de suscitations, les partis politiques n’ont pas pipé mot. Il s’agissait d’initiatives de la société civile qui ont certes du sens politique, mais qui restent limitées en termes de procédure politique. Car dans le nouveau système partisan qui est le notre, c’est aux partis politiques que revient, le rôle essentiel, non seulement d’animer la vie politique, mais aussi de proposer, d’investir et de parrainer à travers les élus, les candidats à l’élection présidentielle. Donc il reste un peu de chemin et ils joueront forcément leur rôle en temps opportun.

Un mot sur l’environnement de la presse et les réformes dont vous êtes un vrai chantre depuis quelques années. Vous êtes éditorialiste pour le Déchaîné du Jeudi basé à Cotonou, directeur général de l’Agence de Presse audiovisuelle Melting Prod à Paris, et aussi fondateur du Think Tank I-Medias (Institut pour la Modernisation de L’Ecosystème des Médias en Afrique), dans ce contexte de débat sur la prochaine élection présidentielle, Pensez-vous que la réforme des médias se fera d’ici 2026 ?

Je le souhaite vivement. En tout cas, je souhaite que la démarche ait sérieusement avancé d’ici 2026 au plan législatif et qu’il ne reste que la mise en place effective du cadre. Oui, j’ai une énorme satisfaction lorsque, le 12 janvier dernier à l’occasion des vœux des instituions au chef de l’Etat, le président de la République missionnait la HAAC sur ce plan. J’ai été contacté par l’institution par le biais du Conseiller Franck Kpotchémè pour faire des propositions à travers un questionnaire très bien élaboré et très dense. Il s’agissait en réalité, d’une véritable consultation d’expert qui était demandée à travers le formulaire avec des angles et des recherches de détails assez précis. Je suis heureux d’avoir envoyé mes propositions techniques sur la base des modèles de référence que je connais très bien, en les adaptant à notre contexte que je maitrise parfaitement aussi. Ce travail qui porte sur plusieurs dizaines de pages m’a pris plusieurs semaines. Mais si on me demande de contribuer davantage, je le ferais volontiers.
Comme jeune journaliste, j’étais un des précurseurs de l’organisation de la presse privée au Bénin ; ayant été membre fondateur et premier secrétaire général du premier bureau de l’association qui a précédé, l’Union des Professionnels des Médias du Bénin (UPMB). Il s’agissait de l’Union des Journalistes de la Presse privée du Bénin (UJPB) en 1993. Quand je suis parti du Bénin en 95 pour mes études de Journalisme à Strasbourg, c’était dans le but de revenir un jour contribuer à moderniser l’écosystème. C’est pourquoi en dépit d’une carrière en France, je suis resté connecté physiquement et professionnellement. Je suis fier d’avoir dans mon parcours à la fois des signatures de reportages à l’Institut national de l’Audiovisuel comme ancien reporter (JRI) pour TF1 ou France 3 (Groupe France télévisions) mais aussi, centaines de mes reportages pendant une dizaine d’années à partir de Paris pour Canal 3 Monde et Canal 3 Bénin ; de diriger aujourd’hui mon agence de presse audiovisuelle Melting Prod Paris et de fournir des reportages à la télévision nationale béninoise (ORTB) ou d’autres télévisions africaines sur les activités de la diaspora en Europe tout en étant éditorialiste et membre de l’équipe de direction de l’Hebdomadaire, “le Déchaîné du Jeudi“ (DDJ) basé à Cotonou.
Il y a un peu plus de 3 ans quand j’ai lancé le débat des réformes, lors d’une communication à la Maison des Médias à l’occasion de la Journée internationale de la Liberté de la Presse. Je me suis dit que le moment était venu d’impulser la modernisation parce que nous sommes dans un régime qui a sincèrement un ADN réformateur. Malgré le coté sensible de la presse et la frilosité que le pouvoir politique peut avoir à moderniser ce qu’on appelle le quatrième pouvoir, moi j’estime qu’il y a un bénéfice politique majeur à le faire. C’est ce que j’essaye de démontrer dans mes interventions publiques et mes communications. Je félicite la Haac d’avoir engagé la démarche avec un questionnaire si consistant pour faire suite à la demande du chef de l’Etat.
J’estime modestement que dans les réponses que j’ai envoyées, il y a toutes les propositions techniques pour aller vers la création d’un environnement moderne pour la presse, basée sur les 3 piliers majeurs que sont, l’excellence dans l’exercice du métier, l’indépendance économique et éditoriale des entreprises de presse, et l’épanouissement socioprofessionnel des acteurs du monde des médias.
C’est à cette condition seulement que le narratif de tout ce qui se fait de bien dans notre pays aujourd’hui, et après 2026 se fera de façon brillante et authentique. Car, l’état de la presse dans un pays est conforme à son état de développement ; conforme aux ambitions des dirigeants pour le pays et voire même conforme à l’état d’esprit de la Nation.
Quel est votre mot de fin ?
Je vous remercie pour l’opportunité que vous m’avez offerte de m’exprimer sur l’actualité politique et médiatique de notre pays ainsi que sur son avenir. Notre pays est sur la bonne voie. C’est ensemble que nous devons contribuer à optimiser les résultats de ce qui se fait en ce moment au Bénin et qui fait l’admiration de l’Afrique et même du monde. Merci.

Propos recueillis par Judicaël ZOHOUN

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